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Fascinante Lucie...

Paris
Maison russe des sciences et de la culture
07/01/2025 -  
Johann Sebastian Bach : Die Kunst der Fuge, BWV 1080 : Contrapunctus I
Wolfgang Amadeus Mozart : Sonate pour piano n° 6 en ré majeur, K. 205b [284] – Sonate pour piano à quatre mains en ré majeur, K. 123a [381] (*)
Robert Schumann : Variations Abegg, opus 1 – Fantasiestücke, opus 12 : 5. « In der Nacht »
Frédéric Chopin : Scherzo n° 2 en si bémol mineur, opus 31
Franz Liszt : Rhapsodie hongroise n° 11 en la mineur, S. 244/11
Serge Prokofiev : Sonate pour piano n° 3 en la mineur, opus 28

Lucie Le Balc’h, Igor Lazko [*] (piano)


L. Le Balc’h (© Martine Parenti)


Invitée par son professeur, Igor Lazko, la jeune pianiste Lucie Le Balc’h, 12 ans, proposait un récital où l’on découvrait une remarquable musicienne dans un exigeant programme en tout point remarquable.


On est saisi, tout au long du concert par l’authenticité de ses interprétations. Mélange d’intuition, de réflexion, de travail, son jeu est profond, extrêmement expressif, inspiré ; sa technique, remarquable déjà, d’une grande souplesse, semble passer au second plan pour n’être, comme pour certains très grands pianistes, qu’un simple outil au service de la musicalité, de l’émotion artistique. Elle est capable de puissance sans brutalité, de douceur mais en timbrant le son.


Le programme s’ouvre de manière solennelle avec le premier Contrapunctus de L’Art de la fugue de toute beauté où l’on goûte la plénitude du son, l’intelligence de la construction, le dosage des plans sonores et l’élévation spirituelle.


Son Mozart est comme on l’aime... pétillant, joyeux allègre, mais également profond et chantant. Le troisième mouvement de la Sonate K. 284 (Tema con variazioni), notamment, rempli de grâce, d’élégance et de fantaisie, sonnait sous ses doigts très sûrs avec beaucoup d’éloquence.


Les Variations Abegg s’illuminent d’éclat et de joie de vivre. Lucie Le Balc’h explore chaque méandre de l’œuvre sans aucun chichi, la musique coule naturellement, délicieusement. Absolument envoûtante dans « In der Nacht », la jeune pianiste impose une vision hoffmannienne, faite de surnaturel inquiétant, avec un instinct très sûr.


Menée tambour battant avec Igor Lazko, la Sonate pour piano à quatre mains en ré majeur de Mozart, où l’on appréciait le juste tempo – pas trop lent – de l’Andante, rendait hommage au magnifique travail et à la complicité du maître et de son élève...


Dans le Deuxième Scherzo de Chopin, Lucie Le Balc’h fait sienne la recommandation de Chopin concernant les célèbres triolets qui ouvrent l’œuvre. « Il faut que cela soit une question. C’est la clé du morceau tout entier. Ce doit être une maison des morts... » Sous ses doigts, l’œuvre est torrentielle mais poétique, flamboyante mais chantante, le son est riche mais jamais fracassant.


Avec un instinct tzigane quasiment inné, imitation de cymbalum, contretemps accentués, langueur des thèmes du lassú, pyrotechnie, ironie et caprice, panache et folie virtuose, Lucie Le Balc’h nous entraîne dans une Onzième Rhapsodie hongroise plus vraie que nature, qui ferait pâlir d’envie bien des pianistes raisonnables et ferait l’admiration des ensembles tziganes que l’on entend sur les quais du Danube à Budapest...


Le programme se termine avec la bouillonnante Troisième Sonate de Prokofiev. Lucie Le Balc’h en restitue toute sa densité, son côté farouche mais également son côté tendre et poétique, presque candide, dans les épisodes centraux. La fougue contrôlée ainsi que la maîtrise de la dynamique – pour une fois Prokofiev n’est pas pilonné au marteau-piqueur… – produisent un enthousiasme contagieux.


En bis, la pianiste offrait l’Etude, première des douze Pièces de l’Opus 40, de Tchaïkovski et la Neuvième des Etudes de l’Opus 25 de Chopin, occasion de montrer une virtuosité démonstrative, mais toujours intelligemment mise au service de la musique.


Ajoutons à cela que Lucie est d’une simplicité désarmante sur scène, un joli sourire l’anime toujours à la fin de ses interprétations, elle nous regarde comme si elle venait de nous faire un don. Tenue très simple, l’expression musicale se lit discrètement sur son visage, aucun geste inutile, aucune affectation Je ne suis pas devin, mais si elle continue cette trajectoire avec le piano, je lui prédis une foule enthousiaste de mélomanes passionnés, qui l’adoreront. C’était déjà le cas pour le public de ce concert...



Christian Lorandin

 

 

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