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Un pianiste d’exception

Montpellier
Le Corum (Opéra Berlioz)
07/18/2025 -  
Johannes Brahms : Schicksalslied, opus 54
Robert Schumann: Concerto pour piano, opus 54
Antonín Dvorák : Symphonie n° 9 « Z nového světa », opus 95, B. 178

Jonathan Fournel (piano)
Chœur de l’Opéra de Montpellier, Noëlle Gény (cheffe de chœur), Orchestre national de Montpellier, Roderick Cox (direction)


R. Cox (© Susie Knoll)


Comme l’Orchestre philharmonique de Radio France (voir ici et ici), l’Orchestre national de Montpellier se produit deux fois lors de la quarantième édition du Festival de Radio France Occitanie Montpellier. La formation symphonique a même eu l’honneur de l’inaugurer, le 6 juillet, avec un concert gratuit sur la place de l’Europe. Et c’est son actuel directeur musical, depuis septembre dernier, Roderick Cox, qui le dirige dans l’écrin plus traditionnel de l’Opéra Berlioz, un concert diffusé en direct sur les ondes de France Musique.


Les musiciens ne jouent d’ailleurs pas seuls au début du programme, leurs collègues du Chœur s’associant à eux dans le Chant du destin (1871) de Brahms, l’œuvre la moins souvent entendue d’un programme qui, sans elle, aurait été dépourvu d’originalité. Cette pièce, à rapprocher de la moins méconnue Rhapsodie pour contralto, chœur d’hommes et orchestre, repose sur un poème d’Hölderlin, malheureusement non reproduit, pas davantage que sa traduction, dans le programme de salle, mince au demeurant. Le ton et la sonorité paraissent, en tout cas, suffisamment évocateurs et fervents pour suggérer la teneur poétique du texte, l’exécution se distinguant en outre par des lignes claires et fermes, sans impression de flottement ou d’évanescence. Nous aurions toutefois apprécié entendre un meilleur équilibre entre le chœur et l’orchestre, ainsi qu’un chant plus enveloppant et moins monotone.


Le Concerto pour piano (1845) de Schumann se démarque davantage, essentiellement grâce à Jonathan Fournel. Le premier prix du Concours Reine Elisabeth de 2021 appartient à cette radieuse génération de pianistes français encore dans leur trentaine, comme Adam Laloum et Alexandre Kantorow, deux piliers pour le moment mieux connus que l’artiste à l’affiche du concert de ce soir. L’interprétation aux intentions nettes de ce soliste sincèrement habité par cette musique suscite un sentiment de spontanéité et d’évidence. Le jeu éloquent du pianiste réjouit par sa fluidité, sa finesse et sa clarté, et il se montre capable d’autant de profondeur que d’éclat. L’approche demeure sobre, sans emphase, ce naturel et ce contrôle constituant en fin de compte tout le prix de cette exécution maîtrisée. Elle convainc quasiment sans réserve quant à sa vitalité et à son lyrisme. Le pianiste peut compter sur un accompagnement de qualité, bien que l’équilibre ne soit pas optimal. Les sonorités en tout cas se mêlent harmonieusement avec celles de ce pianiste qui témoigne de nouveau ensuite de la profondeur de sa pensée dans le Deuxième des Klavierstücke de l’Opus 117 de Brahms, un bis sublime à destination d’un public enthousiaste.


L’orchestre affiche en seconde partie son potentiel, mais aussi ses limites, dans la Neuvième Symphonie « Du nouveau monde » (1893) de Dvorák. Il comporte d’excellents musiciens, notamment parmi les bois, mais l’exécution paraît trop inégale, malgré une conception juste quant aux tempi et à la dynamique. Le chef se soucie de la clarté et de rendre audibles les voix intermédiaires, mais il n’obtient pas toujours des interventions et des phrases nettes, ce qui crée plus d’une fois, bien que ponctuellement, une impression de confusion, de déséquilibre, notamment lorsque les timbales interviennent. Mais l’interprétation possède de la tenue, dans le mouvement lent, par exemple, finement et patiemment déroulé, du tonus, de la grandeur et du souffle, en particulier dans un dernier mouvement remarquablement développé par le chef, qui maintient l’intensité jusqu’à une conclusion proche de l’idéal.


Un bon concert, seulement voilà : c’est le nom du pianiste qui se détache dans notre mémoire. Ce chef, malgré un talent incontestable, et un charisme à la Omar Sy, ne possède pas, du moins pas encore, l’envergure du précédent directeur musical, Michael Schønwandt.


Le site de Jonathan Fournel
Le site de Roderick Cox
Le site de l’Orchestre national de Montpellier



Sébastien Foucart

 

 

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