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Pourquoi n’entendons-nous pas plus de Vaughan Williams ?

Geneva
Victoria Hall
04/05/2023 -  6 avril 2023 (Lausanne)
Mark-Anthony Turnage : Håkan
Ralph Vaughan Williams : Symphonie n° 5

Håkan Hardenberger (trompette)
Orchestre de la Suisse romande, Daniel Harding (direction)


H. Hardenberger (© Marco Borggreve)


C’est en pleine crise sanitaire que Daniel Harding avait fait ses débuts avec l’Orchestre de la Suisse romande (OSR). Il avait dès les premiers instants développé une relation particulière avec les musiciens qui ont trouvé sous sa direction une équilibre et une harmonie très spéciale et a été nommé chef honoraire de l’orchestre.


Le programme de ce soir est composé de raretés de la musique anglaise. La consultation des archives de l’orchestre nous apprend ainsi que c’est la première fois que la musique de Mark‑Anthony Turnage y est jouée tandis que la Cinquième Symphonie de Ralph Vaughan Williams n’a pas été donnée depuis dix‑huit ans.


Tout comme un Rostropovitch au violoncelle, on doit à Håkan Hardenberger d’avoir inspiré de nombreuses œuvres pour trompette. Cette pièce est ainsi la troisième que Turnage lui a écrite. C’est une œuvre en trois mouvements, très variée dans son expression tout en étant de forme classique. Le premier mouvement fait appel à un ensemble assez développé de percussions. Le mouvement lent (Arietta) est proche de l’atmosphère de film noir et l’esprit de Miles Davis n’est pas loin. La dernier mouvement est une série de variations qui comprend un solo éclatant de la trompette. Il faut souligner l’incroyable talent de Håkan Hardenberger. Sa sonorité est ronde avec dynamique et intensité. Il donne en bis un solo avec une trompette en sourdine pleine d’intériorité. En entendant un musicien d’une telle aisance, pouvons‑nous vraiment nous rendre compte à quel point cet instrument est difficile à maîtriser ?


Ralph Vaughan Williams est peu connu et peu joué en dehors de l’Angleterre. Ne nous y trompons pas : cette symphonie est un chef‑d’œuvre. Elle est dédiée à Sibelius, dont la Quatrième Symphonie, également moins jouée, figurait au premier concert de Harding avec l’OSR en 2020. C’est une symphonie classique en quatre mouvements, très intérieure et pleine de sensibilité. Les couleurs orchestrales et l’architecture sont proches de l’esprit des pages du compositeur finlandais même si le propos est ici différent et très personnel. Il y a à la fois une certaine sérénité, une retenue et une poésie toute particulière qui s’expriment dans cette symphonie. Elle a été composée en 1943 mais nous sommes loin de ce que faisait un Strauss à la même époque. Le compositeur anglais prend son temps pour développer les idées et évoque la campagne tout comme Sibelius évoque les paysages de son pays.


Public et musiciens ont fait preuve d’une concentration rare. Les mouvements sont enchaînés avec un silence du public et une attention qui en disent long. Comme toujours, les bois de cet orchestre sont particulièrement brillants, en particulier dans le Scherzo. Les cordes sont parfois un peu minces mais leur connaissance de la musique française leur permet de tenir des longues lignes musicales piano. Ce concert devrait être disponible sur la plateforme de streaming de l’OSR et je ne saurais trop recommander aux mélomanes que d’en profiter pour la découvrir.



Antoine Lévy-Leboyer

 

 

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