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Emotion palpable

Biarritz
Gare du Midi
09/12/2020 -  et 14 septembre 2020
Thierry Malandain : Mozart à 2 & Beethoven 6
Wolfgang Amadeus Mozart, Ludwig van Beethoven (musique)
Malandain Ballet Biarritz
François Menou (lumières)




Le Temps d’aimer la Danse est le premier festival de danse à ne pas avoir annulé son édition 2020. Mais, alors qu’il fête son trentième anniversaire, il a dû réorganiser sa programmation.


Bon anniversaire à ce festival qui, année après année, propose une programmation de plus en plus vivante et internationale! Malheureusement, cette édition, qui devait inviter des troupes de Chine, de Belgique et d’Israël, a dû être remaniée et ses modalités révisées aux normes sanitaires d’autant que le jour de son ouverture, Biarritz est passée en «zone rouge». Le festival a pu compter sur sa propre compagnie biarrote, la CCN Malandain Ballet Biarritz, et a invité le collectif marseillais (La)Horde Ballet national de Marseille, les Ballets de Monte-Carlo et le Ballet du Capitole. Autres compagnies invitées cette année: le Système Castafiore, la Nach Van Van Dance Company, le Christine Hassid Project, Blanca Arrieta, la Compagnie La Parenthèse de Christophe Garcia, la Compagnie Massala, Marie-Agnès Gillot, Andrés Marín, Christian Rizzo et la Compagnie l’Octogonale. Des stages de jump et de flamenco auront lieu ainsi que des conférences et des projections de films sur la danse dans les cinémas de Biarritz, Guéthary et Bayonne.


Le festival s’est ouvert avec une magnifique soirée du CNN Malandain Ballet Biarritz intitulée «Mozart à 2 & Beethoven 6», donnée sans décors avec de superbes éclairages et sans entracte. Pour cela Thierry Malandain, qui est dans son dernier mandat de directeur artistique de la compagnie, a adapté deux de ses chorégraphies: Bal Solitude, créé en 1997 à Saint Etienne, et La Pastorale, commande créée au Théâtre de Chaillot (juste avant Bonn, avec qui il était coproduction pour le jubilé Beethoven) en décembre 2019. Devenu Mozart à 2, le premier, enrichi d’un duo créé en 2017 par le Leipzig Ballet, est une succession de six pas de deux sur des adagios de concertos pour piano et orchestre de Mozart (la bande-son utilise les enregistrements de Claudio Arrau) illustrant des épisodes amoureux lors d’une soirée de bal. 35 minutes de bonheur absolu avec douze danseurs entièrement investis dans une magnifique chorégraphie néoclassique dont la complexité s’accroît au fil des duos et toujours étroitement liée à la musique qu’elle illustre.


Beethoven 6 est une simplification du ballet La Pastorale, qui comportait des décors, suivait un scénario précis et s’achevait par des extraits des Ruines d’Athènes de Beethoven. Réduit à la seule symphonie et joué sans décors mais avec des éclairages savants de François Menou, Beethoven 6 est réglé pour vingt danseurs des deux sexes habillés des mêmes tuniques blanches à l’antique. Seuls deux personnages en noir viennent sonner la fin de l’orage et deux escargots géants illustrer la nature. Reste la trame du ballet initial avec son personnage central (dansé par Hugo Layer) pas forcément lisible mais les ensembles, qui constituent l’essentiel de la chorégraphie, si savamment réglés par Thierry Malandain, collent si étroitement à tous les épisodes de la symphonie dans l’enregistrement si dramatique de Nikolaus Harnoncourt, que les 40 minutes passent comme un songe lumineux dont on ressort sur un nuage. On mesure l’effort fourni par les danseurs privés de scène et de répétitions pendant les longs mois de confinement, qui ont repris ce spectacle dans des conditions difficiles. L’émotion était aussi palpable chez eux que chez le public, qui reprenait aussi à bras-le-corps sa passion interrompue depuis un temps ayant paru interminable.


Pour célébrer ce trentième anniversaire, Biarritz Culture organise une exposition et distribue aux spectateurs un petit livre dont l’iconographie retrace l’histoire du Temps d’aimer avec trente témoignages de personnalités, journalistes, danseurs et chorégraphes: Thierry Malandain mais aussi Lucia Laccara, Victor Ullate, Gil Roman, Maguy Marin, Brigitte Lefèvre et Didier Deschamps. Signalons aussi l’édition en DVD chez EuroArts d’une sélection de chorégraphies du Malandain Ballet Biarritz incluant son célèbre Spectre de la rose, L’Après-midi d’un faune et la déjà culte Une dernière chanson.


Le site du Temps d’Aimer la Danse




Olivier Brunel

 

 

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