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Christoph von Dohnányi ou les splendeurs de la tradition

Paris
Philharmonie
10/23/2019 -  et 24 octobre 2019
Joseph Haydn : Symphonie n° 12
Győrgy Ligeti : Double Concerto pour flûte et hautbois
Johannes Brahms : Symphonie n° 3, opus 90

Vicens Prats (flûte), Alexandre Gattet (hautbois)
Orchestre de Paris, Christoph von Dohnányi (direction)


C. von Dohnányi (© Andreas Garrels)


Christoph von Dohnányi, c’est la grande tradition – ou du moins un de ses visages. Pas une tradition empesée, comme le montre d’emblée une Douzième Symphonie de Haydn certes peu baroqueuse, mais très fraîche avec son effectif chambriste, clavecin compris, et ses sonorités d’une rondeur amène. Rien ne pèse ni ne pose, l’Allegro file droit, sans la moindre raideur, l’Adagio chante et le Presto pétille.


On connaît les affinités du chef allemand avec la musique de Ligeti – il avait d’ailleurs dirigé l’orchestre, lors de leur dernier concert, dans Atmosphères. C’est ici un retour aux sources: Dohnányi, toujours ouvert à la musique de son temps, avait créé en 1972, à Berlin, le Double Concerto pour flûte et hautbois, où le Hongrois ressuscite à sa façon la virtuosité d’un genre qu’il renouvelle par le traitement de la relation entre les solistes et l’orchestre – très réduit ici, sans violons. Vicens Prats, qui joue sur trois flûtes, et Alexandre Gattet sont magnifiques, accompagnés par un Dohnányi très attentif au raffinement des sonorités et des textures, avec ces micro-intervalles chers à Ligeti.


La Troisième Symphonie de Brahms atteint des sommets de densité et de clarté. Tradition oblige, la direction s’appuie sur les cordes, au velours homogène, alors qu’elle met relief la petite harmonie – on n’en fera plus l’éloge. L’Allegro fascine par l’ampleur et le naturel de la respiration, le sens de la forme et le refus de la boursouflure dans la grandeur – comme si, à travers cette Troisième que son créateur, Hans Richter qualifiait d’Eroica, se prolongeait aussi la Deuxième. L’Andante ne s’alourdit jamais, nimbé d’une lumière automnale. Le célèbre Poco Allegretto a juste ce qu’il faut de parfum viennois et refuse la complaisance chaloupée. Comme Brahms l’a voulu, l’Allegro final rejoint le premier mouvement par l’équilibre entre l’héroïsme et le lyrisme, entre la rigueur de la construction et la souplesse du geste – on pense parfois à Karl Böhm, c’est tout dire. Oui, la grande tradition. L’orchestre, lui, s’abandonne à un chef auquel il est lié depuis longtemps, presque amoureusement.



Didier van Moere

 

 

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