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Nouvelles redécouvertes

Venezia
Scuola Grande San Giovanni Evangelista & Palazzetto Bru Zane
09/21/2019 -  et 22* septembre 2019


21 septembre, Scuola Grande San Giovanni Evangelista
Reynaldo Hahn : Romance pour violon et piano en la – Quatuor à cordes n° 2 en fa – Quintette avec piano en fa dièse mineur
Quatuor Tchalik: Gabriel Tchalik, Louise Tchalik (violon), Sarah Tchalik (alto), Marc Tchalik (violoncelle) – Dania Tchalik (piano)


22 septembre, Palazzetto Bru Zane
Reynaldo Hahn : Chansons grises: 1. «Chanson d’automne», 3. «L’allée est sans fin» & 5. «L’Heure exquise» – Premier Recueil: 4. «Paysage» & 9. «Trois Jours de vendange» – Etudes latines: 2. «Néère» & 7. «Tyndaris» – Rondels: 8. «Quand je fus pris au pavillon», 9. «Les Etoiles» & 10. «L’Automne» – Les Feuilles blessées: 2. «Encor sur le pavé sonne mon pas nocturne», 5. «Quand je viendrai m’asseoir» & 7. «Donc, vous allez fleurir encor» – Second Recueil: 1. «Quand la nuit n’est pas étoilée», 13. «Les Fontaines» & 14. «A Chloris» – Five Little Songs: 1. «The Swing», 2. «Windy Night» & 4. The Stars» – Troisième Volume: 1. «Aimons-nous!» & 8. «Dans l’été» – Neuf Mélodies retrouvées: 2. «La vie est belle» & 9. «Sous l’oranger (Tango habanera)» – Venezia: 2. «La barcheta» & 5. «Che pecà!»
Tassis Christoyannis (baryton), Jeff Cohen (piano)


J. Cohen, T. Christoyannis


A l’aube de sa deuxième décennie (voir ici) la Fondation Palazzetto Bru Zane (FPBZ) consacre son festival d’automne, «De la belle époque aux années rugissantes», au compositeur Reynaldo Hahn (1874-1947), proposant la redécouverte d’œuvres chambristes et de son abondante production mélodique.


S’il n’a jamais été oublié, Reynaldo Hahn est pour beaucoup (et notamment l’industrie discographique) resté longtemps le compositeur de Ciboulette et une personnalité mondaine de la Belle Epoque, ami de Proust et Mariano Fortuny. Sa production est vaste et variée couvrant les domaines du ballet, de la musique concertante, l’opéra, la musique de chambre et la mélodie. En ce début d’automne Venise montre qu’il n’est pas oublié avec la présentation au Palazzetto Bru Zane d’une superbe exposition de photographies, «Venezia: Hahn - Proust - Fortuny», consacrée aux souvenirs du musicien ainsi qu’à de superbes clichés noir et blanc de la Cité des Doges restaurés dans les meilleures conditions possibles. Il est aussi présent par le souvenir de la famille Fortuny, à qui le musée situé dans le Palazzo Fortuny consacre pendant toute la saison une exposition, «Les Fortuny, une histoire de famille». Une biographie exhaustive sera consacrée à Reynaldo Hahn pour la première fois en France, rédigée par Philippe Blay, que Fayard devrait publier fin 2020. Et la FPBZ ne sera pas en reste, avec la publication en ce mois d’octobre de quatre disques associés à un livre de 134 pages et consacrés à l’intégrale des mélodies de Hahn, une centaine environ, interprétées, comme beaucoup de titres de la collection Bru Zane, par le baryton grec Tassis Christoyannis et le pianiste américain Jeff Cohen.


Ce sont eux qui étaient les interprètes du récital «Si mes vers avaient des ailes», un florilège de vingt-six mélodies choisies avec beaucoup de soin thématique parmi cette abondante production que Reynaldo Hahn interprétait lui-même en s’accompagnant au piano dans les salons parisiens, comme en ont témoigné Marcel Proust et Jean Cocteau. De Paris à Venise il n’y a qu’un pas, mais beaucoup plus de professionnalisme dans le travail des deux complices. Tassis Chrystoyannis, on le sait, a des moyens vocaux considérables qu’il sait alléger pour rendre justice à ce répertoire mais surtout une versatilité qui lui permet de passer de mélodies dépouillées quasi parlando comme le sont les Chansons grises sur des poèmes de Verlaine au comique pince-sans-rire des Five Little Songs chantées en anglais sur des textes de Robert Louis Stevenson et jusqu’à deux chansons sur des textes originaux en dialecte vénitien à qui il sait donner une saveur exotique. De la versatilité, il en fallait autant à son pianiste pour passer d’un style à l’autre avec des climats si contrastés dictés par des poètes aussi variés que Verlaine, Leconte de Lisle, Alphonse Daudet, Théodore de Banville, Charles d’Orléans, Jean Moréas, Victor Hugo, Henri de Régnier et même Marceline Desbordes-Valmore. Et des styles musicaux très chantants avec des mélodies sophistiquées dans le style de Fauré, des espagnolades et même le pur néoclacissisme (ineffable A Chloris). Une belle perspective de l’intégrale à venir.



G., L., D., S. et M. Tchalik


La veille, dans l’acoustique réverbérante de la Scuola Grande San Giovanni Evangelista, l’excellent Quatuor Tchalik avec Diana Tchalik au piano avait donné aussi un florilège de la musique de chambre de Hahn avec trois œuvres échelonnées dans sa production musicale: la Romance pour violon et piano, encore une pièce de salon, de musique en famille, et le Deuxième Quatuor à cordes, mais la pièce de résistance était le plus tardif Quintette pour piano et cordes, d’une plus grande maturité de composition, avec, comme pour le quatuor, l’évidence que Reynaldo Hahn excellait plus dans les mouvements lents, permettant d’exhaler sa belle veine mélodique.



Olivier Brunel

 

 

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