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Une nuit d’été

Venezia
Scuola Grande San Giovanni Evangelista
09/20/2019 -  et 24 (Montmorillon), 30 (Annecy) août 2019, 15 juin 2020 (Paris)
Gabriel Fauré: Quintette avec piano n° 1, opus 89: 1. Molto moderato – La Bonne Chanson, opus 61: 3. «La lune blanche luit dans les bois» (*)
Guillaume Lekeu: Trois Poèmes: «Nocturne»
Fernand de La Tombelle: Orientale (*)
Hector Berlioz: Les Nuits d’été, opus 7: 6. «L’Ile inconnue» (*)
Jules Massenet: Nuit d’Espagne (*)
Camille Saint-Saëns: Désir de l’Orient (*)
Ernest Chausson: Chanson perpétuelle, opus 37
Guy Ropartz: Quatre Poèmes d’après l’«Intermezzo» d’Henri Heine: 3. «Ceux qui parmi les morts d’amour»
Charles-Marie Widor: Quintette avec piano n° 1, opus 7: 3. Molto vivace
Louiguy: La Vie en rose
André Messager: L’Amour masqué: «J’ai deux amants»
Reynaldo Hahn: Une revue: «La Dernière Valse»
(* transcription Alexandre Dratwicki)

Véronique Gens (soprano), I Giardini: Pierre Fouchenneret, Pablo Schatzman (violon), Léa Hennino (alto), Pauline Buet (violoncelle), David Violi (piano)


Le Palazzetto Bru Zane


Pour fêter ses dix ans d’existence, la Fondation Palazzetto Bru Zane (FPBZ) à Venise a donné un concert dans la Scuola Grande San Giovanni Evangelista voisine avec pour thème «Une nuit d’été». Effectivement une des dernières nuits de cet été qui ne semble pas finir, à Venise non plus. Mais pour cette fondation française en exterritorialité transalpine, c’est à peine le début d’un printemps que ce dixième anniversaire et la fête était à son image: sobre, distinguée, élégante et d’un exemplaire professionnalisme.


On a tout dit sur la création de cette fondation, son action et sa vocation à l’occasion d’une précédente visite (voir ici et ici). Mais à l’aube de sa deuxième décennie, le bilan du travail de l’équipe menée par Alexandre Dratwicki est impressionnant, sur le plan du travail musicologique de redécouverte, de réhabilitation, de réédition du répertoire romantique français oublié ou enfoui dans les bibliothèques ou tout simplement déformé par la tradition et les remaniements. Le Faust de Gounod en est un exemple parfait que l’on a pu entendre l’an dernier recréé dans sa version originale de 1859 sous la direction de Christophe Rousset au Théâtre des Champs-Elysées. L’enregistrement en studio de ce «premier» Faust vient d’être publié, en édition limitée, sur trois disques, dans la collection de livres-disques (qui comporte déjà une trentaine de titres) avec des commentaires musicologiques passionnants de Gérard Condé. L’activité éditoriale n’est pas en reste avec les partitions éditées et la collection de disques vient de s’enrichir d’un coffret «L’Expérience romantique française», qui regroupe sur dix disques l’essentiel du patrimoine redécouvert par la FPBZ dans les domaines vocaux (opéra, opérette cantates et mélodies), piano, musique de chambre, musique sacrée. Une somme éditée avec une documentation trilingue époustouflante! L’activité du centre, qui était déjà accessible grâce à une médiabase, s’est enrichie d’une webradio, la Bru Zane Classical Radio, qui permet de faire rayonner en ligne les concerts en direct et différé, les conférences et l’activité discographique. A l’heure où la fête des dix ans battait son plein, on apprenait que tous ces efforts déjà distingués en avril dernier par le «Special Award for Philantropy» décerné par les International Opera Awards, remis à Nicole Bru le 29 avril dernier à Londres, viennent d’être récompensés par l’attribution par la revue allemande Oper! du prix du meilleur mécène en 2019. Un concert de gala dirigé par Hervé Niquet viendra couronner ces festivités au Théâtre des Champs-Elysées ce 7 octobre.



P. Fouchenneret, P. Schatzman, D. Violi, V. Gens, L. Hennino,
P. Buet



Le concert des dix ans, composé savamment avec sa thématique conçue autour de celle de la nuit d’été (rêve, crépuscule, ivresse, cauchemar), laissait la place d’honneur à Véronique Gens, très étroitement associée à la FPBZ depuis sa fondation, avec des pièces chantées dans des adaptations pour un accompagnement par un quintette avec piano. Ainsi, pas toujours très favorisée par l’acoustique du lieu, Véronique Gens a interprété des œuvres aussi diverses que la Chanson perpétuelle de Chausson, un poème de Heine de Guy Ropartz, Orientale de Fernand de La Tombelle, une belle découverte, «L’Ile inconnue» des Nuits d’été de Berlioz et, dans une seconde partie plus décontractée, La Vie en rose de Louiguy, «J’ai deux amants» de Messager et «La Dernière Valse» de Reynaldo Hahn dans des arrangements réalisés par Alexandre Dratwicki comme beaucoup des pièces vocales de ce concert pour lesquelles n’existait pas de réalisation pour cette formation. Concert où alternaient avec le chant des extraits de pièces chambristes de Fauré, Saint-Saëns et Charles-Marie Widor, interprétées avec par l’excellent ensemble I Giardini à qui l’acoustique du lieu était plus favorable. Pour finir sur une touche plus triste mais une ouverture sur le futur, Véronique Gens a chanté avec une infinie délicatesse Après un rêve de Fauré.



Olivier Brunel

 

 

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