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Des images d’une beauté saisissante

Geneva
Grand Théâtre
09/11/2019 -  et 13, 14, 15, 17*, 18 septembre 2019
Philip Glass : Einstein on the Beach
Comédiens de la Compagnia Finzi Pasca, Einstein Ensemble (orchestre et chœur composés d’étudiants de la Haute Ecole de Musique de Genève HEM), Titus Engel (direction musicale)
Daniele Finzi Pasca (mise en scène et lumières), Hugo Gargiulo (scénographie), Maria Bonzanigo (chorégraphie), Giovanna Buzzi (costumes), Alexis Bowles (lumières), Roberto Vitalini (conception vidéo)


(© GTG/Carole Parodi)


Il a frappé fort ! Aviel Cahn, qui a quitté l’Opéra des Flandres pour reprendre les rênes du Grand Théâtre de Genève, a voulu marquer un grand coup en ouvrant sa première saison avec Einstein on the Beach. Un choix plutôt audacieux et décoiffant, comme d’ailleurs le reste de sa programmation 2019-2020 : Saint François d’Assise, Les Huguenots et Les Indes galantes – qui ne sont pas précisément des piliers du répertoire, c’est un euphémisme – seront au menu, de même qu’une création. Einstein on the Beach est présenté à Genève en première scénique suisse. L’œuvre, créée au Festival d’Avignon en 1976, est indissociablement liée non seulement au compositeur Philip Glass, mais aussi au metteur en scène Robert Wilson et à la chorégraphe Lucinda Childs, qui, ensemble, en ont conçu une production devenue aujourd’hui mythique. Celle-ci n’a été reprise que très rarement, la dernière fois en 2012. Et il n’y a eu jusqu'ici que trois tentatives de mise en scène alternative : en 1989 à Stuttgart par Achim Freyer, en 2001 à Berlin en tant qu’« opéra-installation » puis en 2017 à Dortmund par Kay Voges. La mise en scène genevoise est donc la quatrième à s’écarter de la production originale.


Aviel Cahn a confié la réalisation scénique d’Einstein on the Beach à Daniele Finzi Pasca, qui a réglé cet été le spectacle grandiose de la « Fête des Vignerons » à Vevey. Connu pour sa collaboration avec le Cirque du Soleil, l’artiste tessinois a tout naturellement introduit des clowns et des acrobates dans sa production de l’ouvrage de Philip Glass. Daniele Finzi Pasca a le grand mérite de rendre l’œuvre accessible : il a conçu une série de tableaux dans lesquels on voit successivement Einstein travaillant assis à son bureau ou sur une immense bibliothèque remplie de toutes sortes d’ouvrages, se promenant sur une plage où il puise l’inspiration pour ses calculs ou encore faisant du vélo. D’autres scènes viennent s’intercaler, plus poétiques et oniriques celles-là. Elles sont toutes d’une beauté saisissante. On pense par exemple à cette naïade vêtue d’une longue robe orange qui se jette dans un verre d’eau géant pour se lancer dans des figures aquatiques avant de remonter à la surface et se retrouver nez à nez avec un cheval blanc tenu par une jeune fille. Les acrobaties aériennes sont aussi nombreuses, avec notamment une sirène qui sort des flots pour effectuer d’élégantes vrilles au-dessus du plateau, sans parler des effets d’optique ni des inversions habiles des plans verticaux et horizontaux. La légèreté et l’humour sont omniprésents ; oui, on rit souvent – et heureusement ! – tout au long des quatre heures du spectacle. Daniele Finzi Pasca joue aussi ingénieusement avec l’espace et le temps en créant des lignes qui partent vers l’infini ou en figeant l’instant. Si on se surprend souvent à écarquiller les yeux devant tant de merveilles, comme un enfant, on ne peut aussi s’empêcher de regretter que ces images, si belles soient-elles, restent superficielles et ne titillent pas véritablement les méninges.



(© GTG/Carole Parodi)


La partie musicale n’appelle, quant à elle, aucune réserve. Le chœur de seize chanteurs et l’orchestre de douze musiciens, tous des étudiants issus de classes de la Haute Ecole de Musique de Genève, forcent l’admiration par leur enthousiasme mais aussi par leur homogénéité et leur précision jamais prise en défaut, car si la musique de Philip Glass est répétitive et minimaliste, on peut imaginer que son exécution doit être redoutable. L’Einstein Ensemble créé pour l’occasion est dirigé par le chef suisse Titus Engel, un spécialiste de musique contemporaine qui réussit l’exploit de rendre particulièrement vivante cette transe musicale. A la fin de la soirée, les spectateurs visiblement éblouis (du moins ceux qui sont restés jusqu’au bout, soit les trois quarts de la salle) se lèvent pour applaudir à tout rompre. Aviel Cahn a réussi son coup !


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Claudio Poloni

 

 

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