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L’Or du Rhône

Geneva
Grand Théâtre
02/12/2019 -  et 5, 12 mars 2019
Richard Wagner : Das Rheingold
Tómas Tómasson (Wotan), Stephan Genz (Donner), Christroph Strehl (Froh), Stephan Rügamer (Loge), Dan Karlström (Mime), Alexey Tikhomirov (Fasolt), Taras Shtonda (Fafner), Tom Fox (Alberich), Ruxandra Donose (Fricka), Agneta Eichenholz (Freia), Wiebke Lehmkuhl (Erda), Polina Pasztircsák (Woglinde), Carine Séchaye (Wellgunde), Ahlima Mhamdi (Frosshilde)
Orchestre de la Suisse Romande, Georg Fritzsch (direction musicale)
Dieter Dorn (mise en scène), Veronika Obermeier (assistante à la mise en scène), Jürgen Rose (décors et costumes), Heinz Wanitschek (expression corporelle), Tobias Löffler (lumières), Jana Schatz (vidéo), Hans-Joachim Ruckhäberle (dramaturgie)


(© Fabien Bergerat)


Après trois ans de travaux (six mois de plus que prévu en raison d’infiltrations d’eau en sous-sol), le Grand Théâtre de Genève vient de rouvrir ses portes. Même si l’Opéra des Nations, salle de substitution éphémère, n’était pas dénué de charme avec ses murs en bois, les lyricomanes genevois attendaient l’événement avec impatience, tout heureux de pouvoir à nouveau franchir les portes de leur « théâtre historique ». La salle, avec ses 1500 places, n’a pas été touchée, si ce n’est qu’on y a installé un nouveau système d’aération et de ventilation et que le parapet de la fosse d’orchestre a été rabaissé. Le gros des travaux a consisté en la création de 1000 m2 d’espaces supplémentaires, au sous-sol et en hauteur, avec de nouvelles salles pour les choristes, les chanteurs, les danseurs et les figurants, dont trois studios de répétition, ainsi que des salles de réunion pour le personnel administratif. Le bâtiment a aussi subi d’importants travaux pour qu’il retrouve ses ors et ses marbres d’origine. A commencer par la façade, qui a été nettoyée et dont les sculptures (certaines avaient été vandalisées lors d’une manifestation) ont été restaurées. Le hall d’entrée ainsi que les foyers du premier étage brillent à nouveau de leurs couleurs initiales. En outre, des bars au design très contemporain ont été aménagés pour le confort des spectateurs. Le Grand Théâtre de Genève, inspiré du palais Garnier, a été inauguré en 1874. Le 1er mai 1951, pendant une représentation de La Walkyrie, un incendie se déclare et détruit la scène. Il faudra attendre 1962 pour qu’il rouvre ses portes. A Genève, on n’est apparemment pas superstitieux puisque l’inauguration du Grand Théâtre restauré s’est faite cette fois avec L’Or du Rhin.


Il fallait bien évidemment marquer le coup avec un ouvrage phare, à la hauteur de l’événement, et c’est le Ring de Richard Wagner, œuvre hors norme s’il en est, qui a été choisi pour l’occasion. Trois cycles complets seront donnés en février et mars. La production est une reprise du spectacle conçu par le tandem Dieter Dorn/Jürgen Rose et présenté pour la première fois au cours des saisons 2012/2013 et 2013/2014. Six ans plus tard, on ne boude toujours pas son plaisir : comme en mars 2013, quel bonheur en effet de retrouver cette production dépouillée, minimaliste et totalement lisible, qui va droit à l’essentiel, un spectacle pour lequel Dieter Dorn a choisi de raconter une histoire de manière compréhensible, sans dénaturer l’œuvre par des élucubrations philosophiques ou psychanalytiques. Heureusement, nous sommes très loin ici du traitement radical que vient d’infliger Dmitri Tcherniakov aux Troyens à Bastille.


Pour L’Or du Rhin, prologue du Ring, la distribution est sensiblement différente d’il y a six ans, mais elle reste parfaitement équilibrée. Christoph Strehl (Froh), Agneta Eichenholz (émouvante Freia) et Polina Pasztircsák (Woglinde) sont les seuls à reprendre leur rôle. Tom Fox est passé, lui, de Wotan à Alberich, conférant présence et intensité à son nouveau personnage, même si les moyens vocaux ont un peu pâti du passage du temps. Parmi les nouveaux venus, on retiendra d’abord le Wotan de Tómas Tómasson, profondément touchant et humain sous la cuirasse du maître du Walhalla. Stephan Rügamer ne lui est pas en reste en Loge virevoltant et insaisissable, à la voix raffinée et nuancée. On mentionnera également la Fricka de Ruxandra Donose, à la belle prestance scénique et au timbre autoritaire. Le seul bémol vient de la fosse : à la tête de l’Orchestre de la Suisse Romande, le chef Georg Fritzsch, ancien premier violon de la Staatskapelle de Dresde, livre certes une lecture musicale fluide et transparente, mais qui manque singulièrement de contrastes et de tension. Dommage aussi que la réouverture du Grand Théâtre n’ait pas été agrémentée d’une réception juste avant ou après la représentation ; il n’y a même pas eu de discours de bienvenue du directeur, Tobias Richter, ni de l’un des nombreux représentants politiques présents. Nous sommes dans la ville de Calvin, ceci explique peut-être cela.


Les trois cycles complets du Ring à Genève:
Cycle I : 12, 13, 15 et 17 février 2019
Cycle II: 5, 6, 8 et 10 mars 2019
Cycle III: 12, 13, 15 et 17 mars 2019


Le site du Grand Théâtre de Genève



Claudio Poloni

 

 

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