About us / Contact

The Classical Music Network

Milano

Europe : Paris, Londn, Zurich, Geneva, Strasbourg, Bruxelles, Gent
America : New York, San Francisco, Montreal                       WORLD


Newsletter
Your email :

 

Back

Attila à l'assaut de la Scala

Milano
Teatro alla Scala
12/07/2018 -  et 11, 14, 18, 21* décembre 2018, 2, 5, 8 janvier 2019
Giuseppe Verdi : Attila
Ildar Abdrazakov (Attila), Saioa Hernández (Odabella), George Petean (Ezio), Fabio Sartori (Foresto), Francesco Pittari (Uldino), Gianluca Buratto (Leone)
Coro del Teatro alla Scala, Bruno Casoni (préparation), Orchestra del Teatro alla Scala, Riccardo Chailly (direction musicale)
Davide Livermore (mise en scène), Giò Forma (décors), Gianluca Falaschi (costumes), Antonio Castro (lumières), D-wok (vidéos)


(© Brescia/Amisano - Teatro alla Scala)


Neuvième opéra de Giuseppe Verdi, Attila a été créé en 1846 à Venise, juste après Giovanna d’Arco et Alzira, et avant Macbeth et I Masnadieri. Typique des « années de galère » du compositeur, au cours desquelles Verdi va d’expérimentations en recherches avant de connaître la consécration d’abord en Italie puis en Europe, Attila séduit par ses élans, ses impétuosités et sa fougue. Après Jeanne d’Arc en 2015, Riccardo Chailly a souhaité ouvrir la saison 2018-2019 de la Scala en poursuivant son exploration des œuvres de jeunesse de Verdi. Refusant les effets de manche, le maestro offre une lecture d’une grande cohérence et parfaitement contrôlée, mais non sans panache, faisant alterner l’ardeur et la flamme avec le lyrisme et le velours. Et dans ce répertoire qui est le leur, les chœurs sont tout simplement somptueux.


Si le metteur en scène Davide Livermore n’a pas particulièrement soigné la direction d’acteurs, laissant les chanteurs la plupart du temps immobiles sur le devant du plateau, les bras en l’air, il a en revanche réussi à concevoir d’admirables tableaux d’ensemble. L’action a été transposée dans les années 1940, pendant la Seconde Guerre mondiale. Evoquant une ville en ruines, les décors monumentaux sont complétés par des vidéos en noir et blanc très suggestives, qui traduisent la désolation mais aussi la violence et les atrocités commises par Attila et ses troupes. Le deuxième acte se déroule dans une immense fresque de Raphaël (La Rencontre entre Léon Ier le Grand et Attila), alors que la fin de l’ouvrage prend place au cours d’une grande fête orgiaque qui n’est pas sans rappeler l’ambiance crépusculaire et décadente des Damnés de Visconti.


La distribution vocale est dominée par l’Attila royal d’Ildar Abdrazakov, voix de bronze, accents percutants, « legato » exemplaire et longueur de souffle impressionnante. George Petean prête à Ezio son chant noble et racé. Malgré un physique ingrat, Fabio Sartori est parfaitement crédible en Foresto ardent, aux aigus étincelants et au phrasé délicat. La seule réserve concerne l’Odabella de Saioa Hernández. Si la jeune soprano espagnole affronte avec vaillance et aplomb un des rôles les plus périlleux du répertoire verdien, son chant est le plus souvent « forte », sans beaucoup de nuances ni de raffinement, et les aigus sont parfois stridents. Les rôles secondaires ne méritent que des éloges. La saison 2018-2019 de la Scala s’annonce sous les meilleurs auspices.



Claudio Poloni

 

 

Copyright ©ConcertoNet.com