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Mi-figue, mi-raisin

Toulon
Opéra
04/13/2018 -  & 15*, 17 avril 2018
Gioacchino Rossini: L’Italiana in Algeri
Laura Verrecchia (Isabella), Michela Antenucci (Elvira), Julie Pasturaud (Zulma), Andrea Mastroni (Mustafà), Alasdair Kent (Lindoro), Luigi de Donato (Taddeo)
Orchestre et Chœur de l’Opéra de Toulon, Christophe Bernollin (chef de chœur), Béatrice Skaza (clavecin), Francesco Ciluffo (direction musicale)
Nicolas Berloffa (mise en scène et costumes), Rafail Ajdarpacic (décors), Marc-Antoine Vellutini (lumières)


A. Kent (© Frédéric Stephan)


Truffé de pépites, ce dramma giocoso nous entraîne dans un véritable tourbillon survolté dès les premières notes de l’ouverture jusqu’à l’accord final. Et l’Orchestre de l’Opéra de Toulon s’approprie les beautés de ce tsunami avec panache. Dirigé de mains de maestro par le chef/compositeur Francesco Ciluffo, on est vite conquis par la qualité de l’exécution. Tempos diaboliques, crescendos de folie suivis de vaguelettes dulcifiantes, et accords qui claquent comme des fouets dans une nitescente cavalcade. On ne chôme pas dans la fosse et toutes les facettes de cette partition exubérante sont exécutées avec conviction.


Appréciée ailleurs et hier (lire ici), la mise en scène de Nicola Berloffa, se voudrait inventive, mais elle manque de souffle, de construction linéaire, et fait peu de cas d’un texte pourtant plein d’esprit. Sans finesse, elle se résume à quelques pétards mouillés et une collection de clichés lourdauds qui font long feu. Cela dit, le décor aux couleurs vives monté sur un plateau tournant facilite l’enchaînement des tableaux et les costumes sont plaisants.


Vocalement, la distribution, largement italienne, est assez homogène, et on peut lui décerner une mention très honorable. Deux jolis brins de voix se détachent de l’ensemble, celui du Mustafà de Simone Alberghini et celui d’Alasdair Kent en Lindoro. Tous deux sont à l’aise dans ces emplois, affichant une vaillance et une élégance belcantistes de bon aloi, mais l’un et l’autre peinent dans les passages ornementés. Si le Lindoro d’Alasdair Kent reste sobre et classique, le Mustafà d’Andrea Mastroni surprend par un ton décalé et mordant qui change des Mustafà clownesques dont on a l’habitude mais finit par séduire. L’Isabelle de Laura Verrecchia est plus agitée que pétulante et son «Che muso ! Che figura !», pourtant si hilarant quand il est bien fait, ne décroche pas les mâchoires. Le médium est riche et corsé mais le registre aigu est parfois strident et le passage vers les notes graves se fait aux forceps. Luigi de Donato est amusant en Taddeo, tandis que Michela Antenucci (Elvira), Julie Pasturaud (Zulma), et Joé Bertili (Holy) sont tous trois adéquats. Les ensembles, notamment le septuor qui conclut le premier acte, sont musicalement d’un très bon niveau.


De bons moments dans cette Italienne à Toulon, certains plus ternes et d'autres où l’on aurait aimé sourire, mais néanmoins un accueil très enthousiaste du public.



Christian Dalzon

 

 

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