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Sensibles différences

Paris
Cité de la musique
01/30/2018 -  et 6* février 2018

30 janvier
Johann Sebastian Bach : Cantates «Ihr werdet weinen und heulen», BWV 103, «Herr, gehe nicht ins Gericht», BWV 105, «Mein Herze schwimmt im Blut», BWV 199, et «Es ist nichts Gesundes an meinem Leibe», BWV 25
Johann Michael Bach : Unser Leben währet siebenzig Jahr

Sabine Devieilhe (soprano), Benno Schachtner (alto), Reinoud Van Mechelen (ténor), Manuel Walser (basse)
Pygmalion, Raphaël Pichon (direction)
Marina Abramovic (vidéaste, performance)


6 février
Nicolaus Bruhns : De Profundis clamavi
Johann Sebastian Bach : Cantates «Aus der Tiefe rufe ich, Herr, zu dir», BWV 131, «Gottes Zeit ist die allerbeste Zeit» (Actus tragicus), BWV 106, et «Christ lag in Todesbanden», BWV 4
Franz Tunder : Ach Herr, lass deine lieben Engelein
Dietrich Buxtehude : Klag-Lied, BuxWV 76

Maïlys de Villoutreys (soprano), William Shelton (alto), Reinoud Van Mechelen (ténor), Tomás Král (baryton)


R. Pichon, S. Devieilhe (© Josep Molina/Erato)


Les concerts du cycle «Bach en sept paroles» de Raphaël Pichon et l’Ensemble Pygmalion se suivent et ne se ressemblent pas.


Ce qui est admirable au-delà de la musique dans cette série de sept concerts organisés autour de cantates de Bach est que d’un concert à l’autre, l’atmosphère change subtilement. Certes, la thématique de chaque concert y est pour beaucoup, les changements de solistes aussi, mais de petites nuances dans la spatialisation des participants, la modulation de la salle, les éclairages, et d’infimes détails font la différence.


Mais entre le quatrième et cinquième concert, ce qui faisait une différence majeure était l’élément extérieur, dont on souligne à chaque fois l’inutilité par rapport au cœur du projet, qui est de faire entendre la musique de Bach par des interprètes exceptionnels. Le thème du quatrième concert étant «Châtiments», on avait fait appel à la vidéaste serbe Marina Abramovic, célèbre apprend-on pour sa collaboration avec de nombreux musées. Son intervention a porté sur les deux cantates principales du programme. Mein Herze schwimmt im Blut, dans laquelle le soprano a une partie majeure, à qui Sabine Devieilhe a donné une force et une incandescence merveilleuses, a été illustrée par la vidéo d’une autoflagellation: un homme de dos se fouette avec un martinet. On a bien entendu fermé les yeux pour ne pas être distrait de cette sublime musique divinement interprétée. Pour Es ist nichts Gesundes an meinem Leibe, une femme au visage sévère se cache le visage avec ses deux mains qui remontent très lentement du cou jusqu’aux yeux... Le cinquième concert n’était absolument pas pollué par un intervenant externe, pour le plus grand bonheur de ceux venus seulement pour Bach et pour Pygmalion. Un vrai bonheur sur le thème «Des profondeurs» avec des cantates plus célèbres, Christ lag in Todesbanden et Aus der Tiefe rufe ich, Herr, zu dir.


Une autre variable de ces concerts est la qualité des distributions vocales. Le quatrième concert affichait, on l’a écrit, Sabine Devieilhe, magnifique, mais le cinquième pour Gottes Zeit ist die allerbeste Zeit (Actus tragicus), cantate qui fait la part belle au soprano, on entendait à peine Maïlys de Villoutreys, dont la projection n’est pas du tout adaptée à cette salle. Reinoud Van Mechelen, ténor flamand en vogue mais en petite forme le quatrième soir, se révélait bien meilleur dans le cinquième concert mais, si sa musicalité est exemplaire, volume et projection sont insuffisants pour cette grande salle de la Cité de la musique. De plus, son timbre a tendance à ternir sur la longueur, ce qui laisse des doutes sur sa carrière annoncée d’Evangéliste. Belle surprise dans le cinquième concert avec le baryton tchèque Tomás Král, remplaçant de dernière minute.


Dans les deux concerts étaient glissés entre les cantates de passionnants intermèdes signés Nicolaus Bruhns, Dietrich Buxtehude, Franz Tunder et Johann Michael Bach, témoignant du formidable goût musical et travail de musicologie de Raphaël Pichon. Le sixième concert («Voici l’homme») aura lieu exceptionnellement dans la grande salle de la Philharmonie le 31 mars pour la Passion selon saint Jean, dont l’Evangéliste annoncé est Julian Prégardien.


Les concerts en intégralité sur le site Culturebox:









Olivier Brunel

 

 

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