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Falstaff encore

Paris
Opéra Bastille
10/26/2017 -  et 29 octobre, 1er, 4, 7, 10, 16 novembre 2017
Giuseppe Verdi : Falstaff
Bryn Terfel (Sir John Falstaff), Franco Vassallo (Ford), Francesco Demuro (Fenton), Graham Clark (Dottore Cajus), Rodolphe Briand (Bardolfo), Thomas Dear (Pistola), Aleksandra Kurzak (Mrs. Alice Ford), Julie Fuchs (Nannetta), Varduhi Abrahamyan (Mrs. Quickly), Julie Pasturaud (Mrs. Meg Page)
Chœurs de l’Opéra national de Paris, José Luis Basso (chef des chœurs), Orchestre de l’Opéra national de Paris, Fabio Luisi (direction musicale)
Dominique Pitoiset (mise en scène), Alexandre Beliaev (décors), Elena Rivkina (costumes), Philippe Albaric (lumières, adaptées par Christophe Pitoiset)


V. Abrahamyan, B. Terfel (© Sébastien Mathé/Opéra national de Paris)


Après la Philharmonie, l’Opéra Bastille : les Falstaff se suivent et ne se ressemblent pas. Daniel Harding manquait d’humour et dirigeait trop droit. Avec Fabio Luisi, c’est le contraire : la musique respire à travers un orchestre plein de saveurs. On est bien chez Verdi. Certes on peut souhaiter direction plus explosive et plus rieuse, mais le chef italien privilégie la finesse du trait, la souplesse des courbes et du geste. Il faudra simplement éviter les décalages entre la fosse et la scène, écueil de toute première, surtout s’agissant de Falstaff, qui ressortit souvent à la conversation en musique.


Luisi, ainsi, s’accorde avec la production de Dominique Pitoiset, de retour dix-huit ans après sa mise à l’affiche et des reprises en 2003 et 2013 – Verdi est né en 1813. Elle était assez classique pour ne pas vieillir, même si on peut attendre de cette comédie lyrique une lecture plus stimulante – plus shakespearienne aussi. Du très bon artisanat, où la direction d’acteurs, sans outrer le comique, ne laisse rien au hasard, avec un tableau des fées non dénué de poésie. La transposition à l’époque de la création de l’œuvre, Ford se présentant aux municipales, passe bien : décor unique de façades et d’intérieur d’immeuble, grâce à des praticables coulissants.


Bryn Terfel brûle les planches, phrasant son Falstaff tel qu’il est écrit et donc en préservant la complexité, sans excès dans la drôlerie truculente et enclin, au début du troisième acte, à une mélancolie presque douloureuse. Avouons seulement qu’on a connu parfois son pancione un peu plus flamboyant – peut-être aussi le souvenir d’Ambrogio Maestri à la Philharmonie... Face à lui, Franco Vassallo chante Ford en vrai baryton Verdi, sa jalousie lorgnant ici ou là vers la noirceur aigrie de Iago. Il a épousé l’Alice au charme facétieux d’Aleksandra Kurzak, timbre à la chair fruitée mais trop modeste à partir du medium – s’exige ici une voix moins légère et plus longue. Ils ont une fille de rêve : Julie Fuchs possède la fraîcheur agile de Nannetta, ses aigus pianissimo et une ligne charmeuse, malheureusement éprise du Fenton nasal et fruste de Francesco Demuro. Pas plus que Teresa Iervolino à la Philharmonie, Varduhi Abrahamyan ne s’inscrit dans la lignée des Mrs. Quickly aux formes et aux graves opulents, un peu timide pour la commère pétroleuse, plutôt seulement coquine, préférant veiller à préserver l’homogénéité d’une belle voix au timbre chaud. Verdi n’a pas gâté Meg Page : Julie Pasturaud en fait un personnage. Du vétéran et encore trompetant Graham Clark au jeune Thomas Dear, en passant par un Rodolphe Briand tel qu’en lui-même, les seconds rôles sont parfaitement caractérisés.


Une bonne soirée de répertoire, avec souvent le meilleur et jamais le pire. Ça fait du bien aussi.



Didier van Moere

 

 

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