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Jubilatoire

Paris
Cité de la musique
10/11/2017 -  et 12 octobre 2017 (Wien)
Johann Sebastian Bach : Cantates «Der Himmel lacht! Die Erde jubiliert!», BWV 31, «Jauchzet Gott in allen Landen», BWV 51, et «O ewiges Feuer, o Ursprung der Liebe», BWV 34 – Gloria, BWV 191 – Concerto brandebourgeois n° 3, BWV 1048
Sabine Devieilhe (soprano), Alex Potter (alto), Julian Prégardien (ténor), Christian Immler (basse), Saburo Teshigawara, Rihoko Sato (danseurs)
Pygmalion, Raphaël Pichon (direction)


R. Pichon (© Manuel Braun)


Le cycle ou parcours en sept concerts que Raphaël Pichon consacre avec son ensemble Pygmalion à Jean-Sébastien Bach autour de ses cantates pourrait bien être un des points forts de la saison parisienne. Et il commence en trombe avec ce premier concert dans une salle de la Cité de la musique archipleine et enthousiaste. Intitulé «Lumières», il comporte trois cantates, un Concerto brandebourgeois et un Gloria. Le principe de ce cycle de sept concerts est de porter le message d’humanité de Bach au travers d’un choix parmi ses quelque deux cents cantates et de croiser ces exécutions avec des personnalités extérieures à la musique.


De la première de ces expériences, on peut dire qu’elle est satisfaisante. Musique et danse ont toujours coexisté et le choix des Japonais Saburo Tashigawara et Rihoko Sato est excellent. Le premier est à Paris pour régler la prochaine création du Ballet de l’Opéra national de Paris dont il est le chorégraphe. On ne se lasse pas de regarder onduler avec grâce et souplesse et un style bien à eux à l’avant-scène ces deux superbes danseurs sur le Troisième Concerto brandebourgeois, mais on ne peut s’empêcher de penser qu’à un tel niveau instrumental, l’œil distrait l’oreille et vice versa. Dans un spectacle de danse, l’oreille est moins exigeante quand il s’agit de musique enregistrée. On garde cependant des doutes sur la suite du cycle, sachant que Raphaël Pichon souhaite se confronter à des personnalités extérieures à la musique et qui n’iront pas forcément dans la direction qu’il a choisie et qui fait la force de son travail.


Travail magnifique sur Bach, on le savait depuis quelques enregistrements et une inoubliable Passion selon saint Matthieu à Versailles en 2015. Pichon sait donner une vie bouillonnante, une énergie palpable à ces musiques et à ces textes spirituels grâce à un ensemble instrumental et à un chœur de premier plan et aussi une équipe de solistes magnifiques.


Pour ce premier concert Sabine Devieilhe se taillait la part du lion avec une des rares cantates pour soprano solo et trompette de la production de Bach, Jauchzet Gott in allen Landen, dans laquelle elle chante de bout en bout sachant n’utiliser de sa voix riche magnifiquement timbrée que la force et le volume requis. On a été un peu frustré de n’entendre du ténor Julian Prégardien qu’un seul air dans O ewiges Feuer, o Ursprung der Liebe, mais ce pilier de l’équipe de solistes de Pichon reviendra certainement pour d’autres concerts. On est impatient de l’entendre avec son père Christoph dans Le Combat de Tancrède et Clorinde de Monteverdi en Belgique en octobre puis en novembre à Versailles et à Dijon. Découverte en revanche d’un nouveau soliste, le contre-ténor britannique Alex Potter, voix proche du timbre de l’alto, infiniment gracieuse, qui intervenait dans Der Himmel lacht! Die Erde jubiliert!. Ces solistes se fondaient au chœur, modèle d’équilibre, dont on a pu apprécier la virtuosité dans le Gloria in excelsis Deo (fausse cantate que Bach a réutilisée pour sa Messe en si mineur), qui couronnait le concert.


Raphaël Pichon a tenu à clore ces deux belles heures de musique avec un motet de Giovanni Gabrieli, Jubilate Deo omnis terra que Bach aurait fait chanter à sa chorale de Leipzig: changement brutal de couleur qui mettait en valeur la chaleur et la ferveur des magnifiques choristes de Pygmalion.



Olivier Brunel

 

 

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