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La Clémence de Titus à Sigmaringen

Saint-Etienne
Grand-Théâtre Massenet
02/25/2015 -  et 27 février*, 1er mars 2015
Wolfgang Amadeus Mozart : La clemenza di Tito, K. 621
Carlo Allemano (Tito), Elodie Hache (Vitellia), Giuseppina Bridelli (Sesto), Maria Savastano (Servilia), Anna Brull (Annio), Adam Palka (Publio), Leslie Menu, Léo Reynaud, Agnès Aubé, Adrien Gamba-Gontard, Bénédicte Guilbert, Jacques Tresse, Julie Seebacher, Pauline Prot, Laurent Delvent, Laurent Podalydès (comédiens)
Chœur Lyrique Saint-Etienne Loire, Laurent Touche (chef de chœur), Orchestre symphonique Saint-Etienne Loire, David Reiland (direction musicale)
Denis Podalydès (mise en scène), Emmanuel Bourdieu (dramaturgie), Cécile Bon (chorégraphie), Eric Ruf (décors), Christian Lacroix (costumes), Stéphane Daniel (lumières), Laurent Delvert, Laurent Podalydès (assistants à la mise en scène)


Après avoir longtemps été boudé par les théâtres lyriques, l’ultime opéra de Mozart, La Clémence de Titus, en retrouve les faveurs, au-delà des espérances (à Nancy, Paris, Strasbourg), sans doute aidé par le regain d’intérêt porté au répertoire seria, ce à quoi la mouvance baroque ne s’est peut-être pas montrée étrangère, au prix parfois de certains quiproquos. Le tempo est de ceux-là, et à la tête d’un Orchestre symphonique Saint-Etienne Loire en forme admirable – nonobstant quelques scories aux cors naturels, pari audacieux qu’il convient malgré de tout de saluer, quand bien même la noblesse de l’ouvrage peut se passer des accents plus bruts de ces instruments, qu’ils fussent d’époque ou non – David Reiland propose une lecture à rebours de tant de baguettes pressées. Sa direction n’a cependant rien d’empesé. Si elle laisse s’épanouir l’allure méditative du rondo de Vitellia, elle sait aussi jouer de la rhétorique, à l’instar de l’anacrouse au début de l’Ouverture, métaphore, par contraste, de l’indécision de l’empereur.


Le plateau vocal goûte sensiblement cette battue paradoxalement plus allante sous sa modération affichée que d’autres plus fougueuses. Dans le rôle éponyme, Carlo Allemano privilégie la vulnérabilité à l’éclat, tirant parti de son timbre expressif pour compenser un matériau parfois aux prises avec certaines limites. La crédibilité se retrouve dans la Vitellia d’Elodie Hache, qui va puiser dans les ressources vindicatives et manipulatrices du personnage, quitte à les souligner – ce qu’elle a indéniablement les moyens de faire, jusque dans un assombrissement çà et là un peu trop marqué peut-être. Le Sesto de Giuseppina Bridelli vacille comme il convient entre remords et faiblesse courtisane. On retrouve en Servilia une ancienne pensionnaire de l’Atelier lyrique de l’Opéra de Paris, Maria Savastano, qui distille le brillant babil inséparable de la jeune femme, quand Anna Brull donne à Annio un relief bienvenu, s’affirmant indéniablement comme l’une des agréables surprises de la soirée. Plus teuton que latin, Adam Palka fait résonner sans caricature l’intransigeance de Publio. Préparés par Laurent Touche, les chœurs complètent le tableau.


Déjà vue au Théâtre des Champs Elysées en décembre dernier, la mise en scène de Denis Podalydès transpose le Capitole romain dans les miasmes d’un grand hôtel investi par le régime vichyste ou nazi. Appuyée par des figurants – ainsi que l’inamovible dame de compagnie de Vitellia en offre l’exemple – et une direction d’acteurs conséquente à défaut d’imagination véritable, la conception fonctionne, pour autant qu’elle se laisse presque oublier. Les acajous peuvent sans doute se révéler parfois invasifs, quand la chorégraphie de Cécile Bon ne se donne pas la peine d’un minimum dont la partition n’a de toute manière guère besoin. Au fond la scénographie évite la vacuité, sans s’imposer.



Gilles Charlassier

 

 

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