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08/29/2013
Giuseppe Verdi : Attila

Idar Abdrazakov (Attila), Anna Markarova (Odabella), Vladislav Sulimsky (Ezio), Sergei Skorokhodov (Foresto), Mikhail Makarov (Uldino), Timur Abdikeyev (Leone), Chœurs et Orchestre du Théâtre Mariinsky, Valery Gergiev (direction), Arturo Gama (mise en scène), Matthias Leutzendorff (réalisation)
Enregistré en public au Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg (27 et 29 décembre 2010) – 140’
DVD Mariinsky MAR0534 (ou Blu-ray MAR0538) (distribué par Harmonia mundi) – Format: 16/9. Region code: 0 (worldwide) – Notice de présentation en français, anglais, allemand et russe. Sous-titres dans les mêmes langues ainsi qu’en coréen et japonais





Au départ, on pense à la mise en scène d’Otto Schenk pour le Ring du Met: on voit des peaux de bête et des lances, on nous parle de «Wodan» et du Walhalla, les chœurs chantent dans une langue plus proche de l’allemand que du français, le format vocal comme physique d’Odabella en cuirasse évoque immanquablement Brünnhilde... Et puis l’enchaînement des cabalettes vient vite nous rappeler que c’est bien Verdi qu’on monte au Théâtre Mariinsky de Saint-Pétersbourg. Le Verdi d’Attila, créé à Venise en 1846 et qu’il faut avoir le courage de porter au DVD. On salue donc l’initiative de Valery Gergiev – un autre «Attila de la baguette» –, qui livre une interprétation nerveuse mais compacte, un peu étouffante à force de dynamisme, presque trop musclée mais qui épate par son athlétisme.


La mise en scène d’Arturo Gama est une habile mise en images de cette épopée historico-mythologique, pas toujours vraisemblable mais qui atteint son but. Cela fonctionne d’autant mieux qu’Ildar Abdrazakov est un superbe Attila, aux aigus glorieux, au medium et au grave d’une confortable virilité, crédible au possible sur la scène. Manquant de charme, Anna Markarova vocalise sans nuances mais avec efficacité et ne cesse de s’améliorer au fil des actes. Ezio à la voix de baryton en demi-teintes, Vladislav Sulimsky réussit néanmoins à rendre crédible le rusé général romain. En Foresto, Sergei Skorokhodov séduit par l’italianité de son style et par sa voix puissamment lyrique: une puissance qu’il doit apprendre à domestiquer, tant certains aigus manquent de nuances et certains phrasés de tempérance voire de finesse. Signalons enfin un Leone convaincant (Timur Abdikeyev) plutôt qu’un Uldino hors-sujet.


Gilles d’Heyres

 

 

 

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