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04/26/2013
Miklós Rózsa : Concerto pour violon et orchestre, opus 24 – Concerto pour orchestre à cordes, opus 17 – Thème, Variations et Finale, opus 13

Jennifer Pike (violon), BBC Philharmonic, Rumon Gamba (direction)
Enregistré à Salford (décembre 2011 [Opus 13, Opus 17], janvier [Opus 24] et juin [Finale Opus 17] 2012) – 75’07
Chandos CHAN10738 – Notice en anglais, allemand et français d’Andrew Knowles





Au départ surtout alimentaire, la musique de film de Miklós Rózsa (1907-1995) aurait éclipsé son œuvre pour le concert, ne serait-ce en partie pour deux chefs d’orchestre qui, reconnaissant sa valeur hors de la scène hollywoodienne, ont trouvé bon d’entreprendre des intégrales de sa musique orchestrale: James Sedares à la tête de l’Orchestre symphonique de Nouvelle-Zélande pour Koch Swann dans les années 1990, et maintenant, pour Chandos, Rumon Gamba qui dirige le Philharmonique de la BBC, ici dans un troisième programme entièrement consacré au maître hongrois.


Après ses études à Budapest et à Leipzig, c’est en France, en 1933, que Rózsa composa son opus 13, Thème, Variations et Finale, dont Charles Munch assura la création à Duisburg en 1934. Encouragé par son ami Arthur Honegger, c’est aussi en France que Rózsa se tourna vers la musique de film pour gagner sa vie. Son succès dans le genre le lia à son compatriote Alexander Korda à Londres qui l’entraîna à Los Angeles en 1940. La musique savante restait primordiale dans son esprit, cependant, et la haute estime dans laquelle le tenaient ses confrères ainsi que les instrumentistes de son époque ne faiblit jamais comme en témoignent ses cinq concertos. Ecrit peu après son arrivée aux Etats-Unis, le premier concerto de Miklós Rózsa, célébrant sa Hongrie natale, fut le Concerto pour cordes, créé par le compositeur à la tête de l’Orchestre philharmonique de Los Angeles en 1943. Le Concerto pour violon (1953) est le fruit d’une commande de Jascha Heifetz. Le Concerto pour piano (1967), écrit en Italie, est dédié à juste titre à Leonard Pennario. János Starker fut le commanditaire du Concerto pour violoncelle (1968) et c’est à l’instigation de Gregor Piatigorsky que le Concerto pour alto vit le jour en 1979, Pinchas Zukerman en assurant la création tardive en 1984.


Dynamiquement intense, au bord d’un volcan d’où peut surgir un chant lumineux ou noir, toujours puissant et plein, la musique du compositeur, grâce à Rumon Gamba, se trouve de nouveau en pleine lumière. Le chef britannique accentue peut-être moins que Sedares les aspects postromantiques des compositions de Rózsa pour en souligner la modernité vigoureuse, ce qui a l’avantage de révéler la maîtrise qui gouverne toute l’âpreté et la passion de leur saveur burinée. Thème, Variations et Finale est une composition classique, inventive et colorée, les rythmes trépidants inspirés de ceux de la Hongrie tout comme la douceur du thème nostalgique exposé au hautbois, conçu lorsque le jeune compositeur quittait définitivement son pays natal. Les deuxième et cinquième variations, en particulier, frappent par un contrepoint adroit qui pose le vif ramage des bois sur les cordes plus fluides, la harpe et le célesta en irisant les couleurs. Plus affirmé, le Concerto pour cordes dévoile l’attachement que Rózsa, violoniste de formation, avait pour cette famille d’instruments. Classiquement en trois mouvements, le Concerto ne peut nier ses racines magyares tant dans la nature des motifs que dans celle des rythmes changeants, accelerando, et les climats ténébreux qui alternent entre mélancolie et rage.


Directement ou indirectement, Heifetz influença l’écriture du Concerto pour violon et l’ampleur des riches sonorités du violon d’Igor Gruppman, son élève, s’en fait un convaincant écho soutenu par la plénitude de la direction de Sedares. La direction plus âpre, plus brûlante de Gamba en propose une seconde lecture. Il met pleinement en valeur l’orchestration très variée qui colore l’humeur des trois mouvements contrastés, le premier puissamment dramatique, le deuxième un nocturne aux chuchotements mystérieux et le troisième d’un grand souffle épique. Les fines sonorités du violon de Jennifer Pike (née en 1989), peut-être moins fruitées mais d’une précision redoutable, avantagent la beauté complexe du détail vif-argent de la partie soliste. La jeune violoniste anglaise aborde l’oeuvre avec une intensité de tout instant, en maintenant avec une fermeté sans concession la tension quasi-rhapsodique qu’elle adapte avec intelligence à la finesse virtuose de la cadence du premier mouvement et à l’envol du Lento cantabile d’une douceur exquise. On peut regretter l’absence au répertoire de ce concerto, peu novateur, peut-être, mais plein de caractère.


Le site de la Société Miklós Rózsa
Le site de Jennifer Pike
Le site de Rumon Gamba


Christine Labroche

 

 

 

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