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01/19/2012
Ludwig van Beethoven : Missa Solemnis en ré majeur, opus 123

Susanne Bernhard (soprano), Anke Vondung (alto), Pavol Breslik (ténor), Yorck Felix Speer (basse), Chor und Orchester der KlangVerwaltung, Enoch zu Guttenberg (direction)
Enregistré en concert à la Herkulessaal de la Résidence de Munich (7 mars 2009) – 75’21
Farao Classics B 108053 (distribué par DistrArt) – Notice bilingue (anglais et allemand) de Klaus J. Schönmetzler





Ce nouvel enregistrement de la célébrissime Missa Solemnis (1819-1823) de Ludwig van Beethoven (1770-1827) est l’œuvre d’un chef d’orchestre trop méconnu, Enoch zu Guttenberg. Chef allemand à la carrière bien remplie, ayant surtout travaillé en Allemagne (avec notamment l’Orchestre symphonique de la Radio de Hambourg et l’Orchestre philharmonique de Stuttgart), il a récemment donné d’excellentes gravures tant dans le domaine symphonique, avec une exceptionnelle Quatrième Symphonie d’Anton Bruckner, que dans le répertoire vocal avec Les Saisons de Haydn. Toujours à la tête de l’orchestre de la KlangVerwaltung (qu’il a créé en 1997 et qui rassemble des musiciens issus de diverses phalanges européennes), Enoch zu Guttenberg signe là une très bonne version de la Missa Solemnis qui ne bouleversera pas pour autant la discographie.


Dès le «Kyrie», la perception générale de l’interprétation est donnée: les premières attaques mettent en relief un orchestre solide mais d’assez faible ampleur et, en regard de celui-ci, un très bon quatuor soliste doublé d’un chœur on ne peut plus vaillant. Les voix des solistes se marient de façon idéale, une mention spéciale méritant d’être décernée à Anke Vondung et Pavol Breslik, et l’ensemble ne manque pas d’allure même si quelques accents orchestraux (notamment chez les cors) ne semblent pas justifiés. Dans le «Gloria», le chef lance vaillamment l’orchestre à l’assaut de ces mélodies grandioses mais on sent que celui-ci manque légèrement d’emphase et de puissance comme on a, au contraire, pu l’entendre dans l’interprétation donnée par de grandes formations symphoniques classiques, qu’il s’agisse en concert de l’Orchestre symphonique de Londres ou, en studio, de l’Orchestre philharmonique de Berlin. Le détail orchestral est très bien fait (le contre-chant des violoncelles lorsque la clarinette annonce le «Gratias agimus») et les solistes vocaux se montrent de nouveau sous leur meilleur jour (quel «Qui tollis»!). On regrette de ce fait d’autant plus certaines options, peut-être générées par l’influence du mouvement baroque, qui brutalisent quelque peu la ligne générale donnée à l’orchestre. Ainsi, ces soudaines accélérations au moment du «Quoniam tu solus sanctus», les accents des trompettes (assez caricaturaux à 13’28) ou des timbales, même s’ils illustrent assez justement la ferveur que doit alors ressentir le fidèle, auraient pu être évités.


Cet empressement soudain se retrouve immédiatement dans les attaques du «Credo» qui, lui aussi, bénéficie par ailleurs d’une très grande clarté instrumentale (la petite harmonie dans le passage «Qui propter nos homines» ou, plus encore, dans ce miracle à lui seul qu’est le passage chanté par les solistes «Et incarnatus est») qui rend pleinement justice à la théâtralité du discours ainsi délivré. Le violon solo d’ Andreas Reiner (qui fut notamment le Konzertmeister de l’Orchestre philharmonique de Munich sous l’ère Celibidache) est superbe dans le «Benedictus», bénéficiant d’un accompagnement idoine du reste de l’orchestre à commencer par un basson et une clarinette tout aussi somptueux. Les voix sont très belles, dominées cette fois-ci par la soprano Susanne Bernhard. La basse Yorck Felix Speer se montre sous son meilleur jour dans le fameux «Agnus Dei», partie si redoutable par le recueillement et la puissance contenue qu’elle requiert. Même si sa prestation est d’un excellent niveau, elle souffre parfois de quelques problèmes d’intonation, le chœur accompagnant l’ensemble avec beaucoup de justesse de ton. La fin de l’«Agnus Dei» conclut avec bonheur cette prestation de haut niveau qui confirme l’excellence de l’Orchestre et du Chœur de la KlangVerwaltung, conduits une fois encore avec maestria par Enoch zu Guttenberg.

Le site d’Enoch zu Guttenberg
Le site de Yorck Felix Speer
Le site de l’Orchestre de la KlangVerwaltung


Sébastien Gauthier

 

 

 

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