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02/07/2026
« Virtuosi »
Johann Sebastian Bach : Suite pour orchestre n° 3 en ré majeur, BWV 1068 : II. Air (arrangement de Romain Leleu et Thomas Leleu) – Inventions à deux voix : n° 1 en do majeur, BWV 772, et n° 3 en ré majeur, BWV 774
Thierry Escaich : Hommage à Piazzolla
Astor Piazzolla : Histoire du Tango : 1. « Bordel 1900» (arrangement Manuel Doutrelant) – Tango‑Etude n° 3
Reinhold Glière : Huit Pièces, opus 39 : 2. « Gavotte » & 3. « Berceuse »
Luis Bonfá : Manha de Carnaval (arrangement Doutrelant)
Thomas Leleu : Improvisation n° 3 – Beaulieu (arrangement Laurent Elbaz)
Pablo Casals : El cant dels ocells (arrangement R. & T. Leleu)
François Couperin : Deuxième Livre de pièces de clavecin, Sixième Ordre : 5. « Les Baricades Mistérieuses » (arrangement Doutrelant)
Johan Halvorsen : Passacaglia d’après la Suite pour clavecin n° 7 en sol mineur de Händel, HWV 432 (arrangement Doutrelant)
Allan Botschinsky : Interlude n° 4 (arrangement Doutrelant)
Christoph Moschberger : Tears for Pachelbel
Anonyme irlandais : Down by the Salley Gardens

Romain Leleu (trompette), Thomas Leleu (tuba)
Enregistré à la Cité de la Musique et de la Danse de Soissons (15‑18 décembre 2023) – 56’36
La dolce volta LDV138 (distribué par Outhere) – Notice en français, anglais et japonais


Sélectionné par la rédaction





L’association de la trompette et du tuba est assez rare. Il existe des pièces où les deux instruments sont présents mais le plus souvent ils se trouvent en compagnie d’autres comme chez le compositeur et trompettiste américain Anthony Plog (non représenté ici). Les deux frères Romain et Thomas Leleu montrent dans ce disque que ces deux cuivres peuvent tout à fait dialoguer seuls, au travers d’une pièce spécialement conçue pour eux, signée de Thierry Escaich, ou plus fréquemment d’arrangements.


Johann Sebastian Bach y passe naturellement. Après un moment d’étonnement où on se demande si l’arrangement de l’Air de la Troisième Suite pour orchestre ne relève pas encore une fois de la blague, n’est pas une énième tentative de cuisiner le Cantor avec une petite sauce sonore plus fantaisiste encore que celles qui l’ont traité jusqu’à présent, on admet aisément le duo où le tuba joue le rôle de basse continue, comme ses couleurs chaudes et ses sonorités apaisantes.


Le tuba n’est pas là pour appuyer une grosse cavalerie orchestrale. Il est mis à nu. Il ne se cache pas comme au fond de l’orchestre pour donner de la voix sur ordre du chef. Ici, c’est l’inverse : il est exposé en permanence. Pourtant il sait jouer au modeste dans les mains expertes de Thomas Leleu et n’écrase pas la trompette du grand frère Romain. Il n’est pas pour autant en retrait : il est présent tout le temps dans des duos à l’équilibre parfait, voire seul en scène comme dans la Troisième Improvisation de Thomas Leleu. Le défi physique est évident.


Du côté de la trompette, on ne cherche pas à se distinguer, à briller. Il arrive ainsi que Romain Leleu utilise la sourdine et ajoute même un chiffon sur le pavillon de son instrument pour s’approcher du son du violoncelle.


Le résultat est que tout est douceur, notamment chez Reinhold Glière ou Luis Bonfá. Il y a de l’humour dans les Larmes pour Pachelbel du compositeur allemand Christoph Moschberger, du tango subtil avec le maître Piazzolla, du jazz avec le fameux Quatrième Interlude d’Allan Botschinsky et surtout du chant dans cette Passacaille de Johan Halvorsen d’après Händel ou ce magnifique chant irlandais traditionnel qui clôt un album décidément original et bâti avec cœur. Notons enfin que la qualité de l’enregistrement, effectué de près, ne contribue pas peu à la réussite globale.


Stéphane Guy

 

 

 

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