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03/27/2022
Béla Bartók :Három csíkmegyei népdal, BB 45b, Sz. 35a – Két román tánc, opus 8a, BB 56, Sz. 43 – Két elégia, opus 8b, BB 49, Sz. 41 – Allegro barbaro, BB 63, Sz. 49 – Román népi táncok, BB 68 Sz. 56 – Szvit, opus 14, BB 70, Sz. 62 – Mikrokosmos 6, BB 105, Sz. 107 , n°s 148 à 153: « Six danses en rythme bulgare » – Improvizációk magyar parasztdalokra, opus 20, BB 83, Sz. 74
Matteo Fossi (piano)
Enregistré au Concert Hall Fazioli, Sacile, Pordenone (dates d’enregistrement non précisées) – 63’08
Hortus 203 – Notice en français et anglais





Le pianiste italien Matteo Fossi (né en 1978) propose dans son septième disque en solo quelques‑uns des chefs‑d’œuvre pianistiques de Béla Bartók (1881-1945). Il a bien compris, pour les interpréter, que l’Allegro barbaro, qui figure naturellement sur le disque, ne devait pas résumer toute l’esthétique bartókienne, comme c’est trop souvent le cas. Son sens musical est indéniable mais ses lectures manquent singulièrement de flamme.


Le pianiste aborde les Trois chants populaires du comitat de Csík avec beaucoup de tact mais ce sont vraiment trois petites choses. Si le martèlement des Deux danses roumaines qui suivent se fait sans brutalité, il y manque cette énergie jubilatoire qu’y manifestait un Zoltán Kocsis. Les qualités de finesse et d’élégance de Matteo Fossi se retrouvent pleinement dans des Elégies assez debussystes, là où un Samson François creusait toutefois davantage le clavier et y ajoutait une pointe de mystère. Le célèbre Allegro barbaro déçoit un peu pour les mêmes raisons. Sans y manifester une rage comparable à celle qu’y portait Annie Fischer, Zoltán Kocsis, encore lui, décidément insurpassable, empoignait ici le clavier d’une manière phénoménale avec des moyens à l’évidence supérieurs. On ne reprochera pas à Matteo Fossi de ne pas tenir le rythme effréné exigé (4’03) par Bartók pour ses Danses populaires roumaines, la danse y trouvant son compte. Mais s’agissant de la Suite, le pianiste paraît encore trop sage par exemple si on le compare à Bartók lui‑même. Les « Six danses en rythme bulgare » extraites des cent cinquante‑trois pièces de Mikrokosmos bénéficient des qualités du jeu de Matteo Fossi déjà repérées : elles sont d’une parfaite clarté, ça bouge et ça chante. Les Improvisations sur des chansons paysannes hongroises qui achèvent le récital sont sans doute aussi réussies mais il y manque quand même un zeste d’humour et de fantaisie.


Bref, c’est un beau disque mais qui ne bouleverse pas la discographie. C’est aussi du beau piano même si la perception du jeu de Matteo Fossi aurait sans doute gagné avec une captation du Fazioli d’un peu plus près.


Stéphane Guy

 

 

 

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