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06/07/2017
Tatiana
John Neumeier (chorégraphie, décors, costumes, lumières), Lera Auerbach (musique), Hélène Bouchet (Tatiana Larina), Edvin Revazov (Eugène Onéguine), Leslie Heylmann (Olga Larina), Alexandr Trusch (Vladimir Lenski), Carsten Jung (Prince N), Ballett Hamburg, Philharmonisches Staatsorchester Hamburg, Simon Hewett (direction musicale), Thomas Grimm (réalisation)
Enregistré en public à Hambourg (2014) – 140’ (+ bonus 27’)
C Major Blu-ray 737504 (ou DVD 737408) – Format 1080i/16:9 – Son PCM Stereo/DTS-HD MA 5.1 – Region Code ABC – Bonus en anglais et en allemand


Must de ConcertoNet





Aussi curieux que cela puisse paraître, le chorégraphe américain John Neumeier, établi en Allemagne depuis ses débuts de danseur et à la tête depuis 1973 de la compagnie la plus dynamique de ce pays, le Hamburg Ballett, n’a pas en France la place qu’il devrait tenir, notamment à l’Opéra de Paris, où ses chorégraphies sont reprises au gré du goût des directeurs de la danse et où un nombre relativement faible de commandes ont été passées à ce chorégraphe majeur du dernier demi -siècle.


Ce préambule pour souligner l’importance de l’édition vidéographique des créations chorégraphies que Neumeier réalise régulièrement à l’Opéra de Hambourg, qui leur permet une large diffusion non seulement auprès des acheteurs potentiels des supports modernes que sont DVD et Blu-ray mais aussi sur les sites de diffusion par Internet et les chaînes de télévision privées de plus en plus nombreuses à accorder une place importante à la danse contemporaine.


Tatiana (Tatjiana), selon Neumeier (à l’instar de Dostoïevski) est le personnage principal de la nouvelle en vers Eugène Onéguine de Pouchkine et en fait le thème central de cette chorégraphie créée pour les quarantièmes Journées du Ballet à Hambourg en 2014, qui s’ouvre sur un long prologue intitulé «Une toile de rêves» et dépeint un cauchemar de l’héroïne. Neumeier adapte assez librement la nouvelle, transforme Lenski de poète en musicien et développe beaucoup le personnage d’Onéguine, qu’il dépeint comme un dandy blasé. Un ours et un vampire sont à l’origine des personnages du Prince et d’Onéguine et une part très importante, présente chez Pouchkine et non reprise par Tchaïkovski dans son opéra, est accordé à l’onirique. Un ballet en forme d’étude psychologique.


Et ce n’est pas Tchaïkovski qu’utilise Neumeier comme substrat musical de son ballet. Il se démarque ainsi de celui de son maître John Crancko, créé à Stuttgart en 1965, et s’en explique dans l’excellente interview donnée en bonus. Ce n’est pas le souvenir, ni la nostalgie de cette pièce qui l’ont inspiré mais le fait d’avoir assisté à la mise en scène de l’opéra par Dmitri Tcherniakov pour reprendre cette histoire dans un contexte plus intemporel. La musique est signée par Lera Auerbach, compositrice américano-russe de La Petite Sirène, un récent ballet de Neumeier. Si sa musique, commande de l’Opéra de Hambourg, dirigée par Simon Hewett, est d’une indéniable efficacité dans les scènes violentes ou à suspens, très inspirée par Chostakovitch, elle s’apparente plus au sirupeux de la mauvaise musique de film dans les scènes romantiques.


La chorégraphie de John Neumeier, une de ses plus longues, deux grandes heures en tout, organisée en huit scènes et deux prologues, est brillante et splendide de bout en bout. L’histoire contient assez de bals, rêves de bals, souvenirs de bals, pour fournir l’occasion à de magnifiques scènes de danse pure et de pas de deux de rêve dont il a le secret. Tout ce qui est action est chorégraphié avec l’habilité, la sensibilité et l’intelligence que l’on connaît à cet immense artiste qui a aussi signé décors, costumes et éclairages et tient le spectateur en haleine d’autant, qu’au contraire de l’opéra, aucune scène de genre ne vient ralentir l’action.


Neumeier sait parfaitement choisir ses interprètes et si ce sont Hélène Bouchet et Edvin Revazov, deux danseurs principaux de la compagnie, qui brillent dans les rôles principaux, tous les autres danseurs du Ballet de Hambourg sont impressionnants, notamment Carsten Jung en Prince N et Alexandr Trusch en Lenski. L’ensemble est filmé avec expertise par le réalisateur Thomas Grimm.


Olivier Brunel

 

 

 

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