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04/23/2014
Wolfgang Amadeus Mozart : Requiem en ré mineur, K. 626 (orchestration Franz Beyer)
Johann Sebastian Bach : Cantate «Komm, du süsse Todesstunde», BWV 161

Rachel Yakar (soprano), Ortrun Wenkel (contralto), Kurt Equiluz (ténor), Robert Holl (basse), Konzertvereinigung Wiener Staatsopernchor, Gerhard Deckert (chef de chœur), Concentus Musicus Wien, Nikolaus Harnoncourt (direction), Franz Kabelka (réalisation)
Enregistré en public au Musikverein de Vienne (1er novembre 1981) – 76’
DVD Arthaus Musik/ORF 107 295 – Son PCM Stereo – Format NTSC 4:3 – Region Code 0 – Notice trilingue (anglais, français et allemand) de Gottfried Kraus





Le Requiem de Mozart fait bien évidemment partie des œuvres que l’on n’a guère de mal à trouver en DVD sous la baguette des plus grands chefs. Ainsi, on peut le voir dirigé par Claudio Abbado, à Salzbourg à la mémoire de Herbert von Karajan en juillet 1999 (Arthaus Musik) puis au Festival de Lucerne en août 2012 (Accentus Music), Leonard Bernstein, lors d’un concert poignant donné en 1988 en mémoire de sa femme décédée peu avant (Deutsche Grammophon), Sir Georg Solti, en 1991, à Vienne, pour le bicentenaire de la mort de Mozart (Decca), Sir Colin Davis, en 1984 à la tête des forces de la Radio bavaroise (Arthaus Musik), Karl Böhm, dans un concert fortement daté de 1971 à la tête des Wiener Symphoniker (Deutsche Grammophon) ou Herbert von Karajan, dans la série des concerts en partie filmés en studio et disponibles chez Sony.


Voici une nouvelle version avec laquelle il va désormais falloir compter puisqu’il s’agit de la seule qui soit jouée sur instruments d’époque. Comme l’explique très bien Gottfried Kraus dans la notice d’accompagnement, le fait pour la Société des Concerts du chœur du Staatsoper d’inviter Nikolaus Harnoncourt à diriger ce concert de la Toussaint était assez hardi, la direction étant en principe dévolue à l’un des grands chefs «classiques» de l’époque. S’il était déjà connu pour son interprétation renouvelée du répertoire baroque, la «révolution» Harnoncourt n’avait pas, à cette époque, la même aura ni la même diffusion que celle que l’on peut connaître aujourd’hui.


C’est donc à la tête de son Concentus Musicus de Vienne réduit à trente musiciens à peine, conduits par la fidèle Alice Harnoncourt au premier violon solo, que le chef livre une interprétation très théâtrale du Requiem sous les ors d’un Musikverein que l’image parfois tremblotante et victime d’un léger halo ne met pas vraiment en valeur. Les sonorités à la limite de la justesse des deux cors de basset précèdent ainsi, dans le «Requiem» de l’«Introïtus», des cuivres éclatant empreints de noire colère, le chœur (une cinquantaine de chanteurs) intervenant ensuite piano et non forte comme on a l’habitude de l’entendre. La direction d’Harnoncourt, qui chante généralement avec ses choristes et solistes, se distingue par une fougue et un regard presque révulsé dans le «Dies Iræ» (qui se termine de façon totalement soudaine) et l’«Offertorium».


Même si l’esthétique de ce Requiem s’avère globalement très convaincante, les solistes ne se distinguent guère hormis Robert Holl, excellent comme toujours. Regrettons également que les voix féminines du chœur trahissent parfois un vibrato un peu trop prononcé, tout spécialement dans le «Lacrymosa» à la dynamique de nuances ici si originale.


Le complément, qui faisait en vérité office de première partie de ce concert, est la Cantate n° 161 «Komm, du süsse Todesstunde» de Bach. Mettant surtout en valeur les deux flûtes à bec de l’orchestre dans la première aria (chantée avec soin par Ortrun Wenkel) et dans l’avant-dernier chœur, elle offre ici l’occasion d’entendre Harnoncourt pour la première fois dans cette œuvre, son enregistrement au sein de la célèbre intégrale publiée chez Teldec ne datant que du mois de décembre 1984. Le ténor Kurt Equiluz fait également preuve d’une belle implication dans une interprétation qui, à entendre les applaudissements hésitants voire modérés du public, a globalement, semble-t-il, laissé ce dernier quelque peu circonspect. La «révolution» n’avait vraiment pas encore eu lieu...


Le site de Nikolaus Harnoncourt


Sébastien Gauthier

 

 

 

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