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07/04/2009
Correspondance et écrits de jeunesse (1889-1907)
Henri Rabaud
Présentation et annotations de Michel Rabaud, préface de Benoît Duteurtre
Symétrie – 492 pages, 49 euros





En collaboration avec le Centre de musique romantique française, installé au Palazzetto Bru Zane de Venise, Symétrie publie une large sélection de la correspondance de jeunesse d’Henri Rabaud (1873-1949). Fidèle à elle-même, cette excellente maison d’édition n’a pas fait les choses à moitié puisque cet ouvrage particulièrement soigné se distingue, outre par sa précieuse iconographie, par l’appareil critique rigoureux et éclairant de Michel Rabaud, petit-fils du compositeur. Les lettres, reprises dans l’ordre chronologique, sont présentées en deux parties : celles destinées de 1889 à 1896 à Daniel Halévy, fils du librettiste bien connu, et, occupant l’essentiel du livre, celles envoyées de 1894 à 1907 à Max d’Ollone, qui rédigea par ailleurs un petit essai sur la vie et l’œuvre de son fidèle ami, repris en préambule.


Cette correspondance illustre à quel point la musique était vitale dans la vie de celui qui assuma la charge de directeur du Conservatoire de Paris de 1920 à 1941. Avec Halévy et plus encore d’Ollone, les débats sont vifs et si le ton se fait le plus souvent sérieux, l’humour ne manque pas. Rabaud analysait le paysage musical en pleine mutation avec finesse et, comme tout mélomane qui se respecte, des passions et des rejets radicaux. Il resta toute sa vie attaché à la clarté des classiques et si ses goûts évoluent, c’est progressivement, parfois plus rapidement (Puccini). La musique de Brahms, en revanche, lui sembla étrangère mais il ne tarda pas à considérer avec estime Pelléas et Mélisande.


Le lecteur sera surpris par l’importance de la correspondance entre cette élite intellectuelle parisienne, même lors des (longs) voyages et des (longues) villégiatures. Durant le séjour de Rabaud à la Villa Médicis – il a remporté le Premier Grand Prix de Rome en 1894, d’Ollone l’obtiendra trois ans plus tard – les échanges se poursuivent davantage encore. Il ne faut d’ailleurs pas manquer l’évocation, avec force détails, de cet épisode de sa vie. Le programme, souvent panaché, des concerts de l’époque suscite également l’intérêt dans la mesure où la musique contemporaine occupait une place considérable – de quoi rendre jaloux les compositeurs d’aujourd’hui.


Les annexes méritent que l’on s’y attarde, notamment la leçon d’orchestration, copieuse, vigoureuse et argumentée, sur le Caprice en mi mineur opus 16 n°2 de Mendelssohn envoyée par Rabaud à d’Ollone ainsi que deux articles publiés, respectivement, dans Le Banquet (mai 1892) et La Revue de Paris (15 septembre 1900) : L’unité et la variété en musique et Le chevalier Gluck et le leitmotif. Bref, voici un ouvrage indispensable pour les inconditionnels de la musique française en général, du compositeur en particulier, ainsi que pour les mélomanes passionnés par la vie sociale et culturelle de la « Belle Epoque ». Quant aux œuvres de Rabaud, il serait grand temps de les exécuter de nouveau, en particulier ses opéras.



Sébastien Foucart

 

 

 

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